FASCISME, LUMIERE, MUTILATION, PRIERES, ETCETERA.





FUEGO EN CASTILLA

José Val Del Omar




Dans Fuego en Castilla, le feu traverse les plaines comme un souffle, comme une mémoire qui ne s’éteint jamais. La lumière tombe sur les villages, sur les pierres, sur la poussière, et tout devient témoin silencieux. Il n’y a pas de narration, seulement un paysage qui respire sous la trace du fascisme. Les ruines, les chemins et les champs portent la violence passée, et le feu semble la révéler, non pas par le spectacle, mais par l’attention que chaque flamme impose.

La caméra frôle la matière. Elle s’attarde sur la texture du sol, sur la vibration des ombres, sur le passage de la lumière. Rien n’est illustré, tout est exposé. Le fascisme n’est pas montré comme un événement ; il est inscrit dans l’air, dans la sécheresse des plaines, dans la fragilité de chaque corps qui a traversé cette terre. Le feu devient alors une énergie qui questionne, qui fait sentir, qui oblige à percevoir la violence comme expérience.

Chaque plan est un écho, chaque flamme un rémanent. Le spectateur est confronté à la fois à la beauté et à la tension, à la chaleur et au silence. Fuego en Castilla n’est pas une leçon d’histoire, mais une méditation sur l’inscription du pouvoir et de la peur dans le paysage et la mémoire. La matière brûle et parle, et l’on comprend que ce qui reste, après le feu, c’est la question du temps, de l’histoire et de la trace laissée par le fascisme dans la lumière même.